CA du 31 janvier 2025 : plus que jamais, Résistons !

Élections 2025 aux conseils centraux de notre université

Depuis le 30 janvier, la campagne est officiellement lancée. Les deux listes qui présentent un candidat à la présidence de l'université (ce qui n'est pas le cas de notre liste Résistons !) vous écrivent des mails de propagande envoyés depuis l'extérieur de l'université via des listes de diffusion collectées on ne sait trop comment, sur lesquelles se mêlent les adresses professionnelles et personnelles de nombreux collègues…

De notre côté, nous vous rappelons que quelle que soit l'issue du scrutin, les futur·es élu·es des listes Résistons ! et des syndicats qui composent notre intersyndicale seront sans doute une fois encore les seules voix d'opposition dans les conseils centraux, et les seul·es élu·es à faire le travail de préparation des conseils et à vous faire des comptes-rendus systématiques des CA, garantissant par là-même la transparence de la gouvernance de notre université, condition indispensable à une vie institutionnelle démocratique.

Si vous appréciez notre action syndicale dans les conseils et nos comptes-rendus, fruits d'un travail conséquent, assurez-vous que nous ayons suffisamment d'élu·es à ce scrutin. Votre soutien est indispensable à la poursuite de ce travail nécessairement collectif de représentation de notre communauté et d'opposition constructive. Vous pouvez nous aider en diffusant notre profession de foi ainsi que notre plateforme commune.

Le scrutin se déroulera les 11, 12, et 13 février (jusqu'à midi le 13). Si vous avez besoin d'une procuration pour voter pour nos listes, n'hésitez pas à nous contacter en nous écrivant à procurations@resistons.up8.edu en nous indiquant, si vous les connaissez, votre collège électoral (A et B pour le CA et la CFVU ; A, B, C, D pour la CR) ainsi que votre secteur (LSHS, DEG, ST).

Médecine du travail : les syndicats montent au créneau

L'instruction générale relative à la santé et à la sécurité au travail a été présentée au CA.

Elle avait été présentée auparavant et votée en FS-SSCT. C’est un document réglementaire, qui avait déjà été par le MESR lors de sa visite en 2017. Il est destiné à « préciser le rôle et les responsabilités de chacun·e dans le cadre de l’organisation de la SST ». C’est, en quelque sorte, le B.A.-BA de ce que tout un chacun devrait savoir.

Médecine du travail

Sur proposition de vos élu·es Résistons !, la motion suivante a été votée à l'unanimité par le CA après lecture :

Le Conseil d'administration de l'Université Paris 8 réuni le 31 janvier 2025, soutient l'avis de la FS-SSCT ci-dessous :

Avis de la Formation Spécialisée en matière de Santé, de Sécurité et des Conditions de Travail de l’Université Paris 8 relatif à la médecine du travail

Séance de la FS-SSCT du 28 janvier 2025.

  • Constatant que l’université Paris 8 n’a pas de médecin du travail depuis mars 2021 ;
  • Constatant que les 1689 agent·es de l’université (rapport social unique de 2023) ne bénéficient depuis cette date d’aucun suivi médical, quelle que soit leur situation (reprise après congé maternité, recrutement, longue maladie, etc.). Alors que le suivi médical leur permet d'être informé·es sur les risques éventuels auxquels le poste de travail les expose ainsi que sur les mesures de prévention préconisées ;
  • Constatant l’absence des avis indispensables du médecin du travail pour différentes situations de travail contraignant l’activité professionnelle : études de postes, adaptation des postes de travail (télétravail, RQTH), reconnaissance en AT/MP, etc. ;
  • Constatant que cette situation contrevient totalement à l’obligation qui est faite à l’employeur d’assurer la santé, la sécurité et de bonnes conditions de travail aux agent·es (décret n°82-453 du 28 mai 1982 et articles L4121-1 et suivants du code du travail) ;
  • Nonobstant les démarches effectuées par la Direction de l’Université pour pallier l’absence de médecin citée ci-dessus ;
  • Constatant l’augmentation incessante des signalements SST et la récurrence de situations de travail portant atteinte à la santé des travailleurs et travailleuses de l’université ;
  • Constatant également l’absence de personnel infirmier ou de tout professionnel chargé d’assurer le suivi médical des personnels ;

La FS-SSCT de l’université Paris 8 condamne ces manquements intolérables qui durent depuis plusieurs années et créent une situation inacceptable qui met en danger les personnels de l’établissement par défaut de moyens de prévention.

La FS-SSCT exige du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qu’il participe de toute urgence et de toutes ses forces à la résolution de ce problème grave, d’une ampleur et d’une durée inédite.

La présidence de l’université Paris 8 s’associe à cet avis de la FS-SSCT.

Il faut noter que l'inspecteur Santé et Sécurité au Travail du MESR (ISST), présent lors de la séance de la FS-SSCT, a été suffisamment secoué par cet avis de la Formation Spécialisée pour se mettre immédiatement en branle en offrant l’aide de la médecin conseillère de la DGRH pour le processus de recrutement. Les organisations syndicales bénéficiant d’une représentativité nationale, obtenue lors des dernières élections professionnelles, porteront cet avis de la FS-SSCT de Paris 8 devant la Formation Spécialisée du Ministère en mars 2025.

Vite dit, bien dit

  • Ça remue dans les hautes sphères : le renouvellement de la présidence de France Université serait de bon augure, avec une nouvelle équipe moins inféodée à U10 (l'association regroupant les 10 grosses universités d'« excellence »).
  • Moratoire sur les key-Labs : suite à la mobilisation des personnels de recherche et des syndicats, un moratoire a été obtenu sur la mise en place des Key-Labs, du moins jusqu'à l'été (période de mobilisation plus difficile…) ; il semblerait que les tutelles changent leur fusil d’épaule : nous allons passer du financement par projet au financement récurrent… mais sans budget. Ça nous fait une belle jambe.
  • Paris 8 casse des codes : le rapport social unique 2023 nous apprend qu'à Paris 8 il y a plus de femmes que d'hommes aussi bien chez les BIATOSS (59%) que chez les enseignant·es/chercheur·es (53%), et que la majorité des temps partiels sont masculins. Malheureusement, certains codes de l'ESR sont bien respectés : prêt de 30% des personnels enseignant·es ne sont pas titulaires. Vos élu·es Résistons ! ont réitéré la demande déjà formulée au CSA en FS-SSCT d'indiquer de manière systématique la répartition genrée pour les RSU suivants. Par exemple, cette information est absente des chiffres concernant les arrêts maladies, par ailleurs en forte hausse chez les enseignant·es-chercheur·es.
  • Prime à la prime : le référentiel enseignant·es-chercheur·es (composante 2 du RIPEC) a été mis à jour pour y inclure une nouvelle prime pour la présidence du conseil académique de l'EUR ArTeC. Après s'être assuré·es que ce type de prime est bien financé sur les fonds propres des projets et non sur la dotation de l'université, vos élu·es Résistons ! ont mis en garde contre la boîte de Pandore que représentent les primes à gogo tant en terme budgétaire que politique, car il s'agit de la mise en œuvre du paiement à la tâche, contraire à l'esprit de la fonction publique et destructeur de nos statuts.
  • Perplexité : Paris 8 signe l'accord de la Coalition pour l’Avancement de l’Évaluation de la Recherche, coalition internationale très large visant à faire évoluer les critères d'évaluation de la recherche. Il s'agit notamment de diminuer l'importance du quantitatif (bibliométrie) et de mieux prendre en compte le fonctionnement des ALLSHS et des réalités de notre université (recherche-action, recherche-création, recherche participative, etc.). Ça n'engage à rien… Vos élu·es Résistons ! font cependant remarquer que parmi les premiers signataires français se trouve l'ANR et même l'HCERES, ce qui laisse songeur…
  • Passoire thermique : on apprend sans surprise dans le schéma pluriannuel de la stratégie immobilière que le diagnostic énergétique et environnemental de nos bâtiments laisse largement à désirer (cette préoccupation figure d'ailleurs dans la plateforme commune de la liste « Résistons ! Intersyndicale de lutte » pour les élections 2025 aux conseils centraux de notre établissement). Sur 2025–2030, il est prévu 93,65M€ de dépenses en opérations patrimoniales, dont plus de 12M€ ont déjà été puisés dans notre fonds de roulement, auquel il faut ajouter le prélèvement d'un demi-million supplémentaire.
  • Logement étudiant : on apprend que seul 425 étudiant·es de notre université sont logé·es par le CROUS dans des résidences de Saint-Denis et des alentours et presque aucun en dehors de ce secteur. Le CROUS loge seulement 2,5% d'étudiant·es de Paris 8 contre 4% en moyenne en Île-de-France. De façon contre-intuitive, ce sous-accès au logement social s'explique probablement en partie par une plus grande précarité : nos étudiant·es ont moins qu'ailleurs la possibilité de partir de chez leur parents pour étudier.
  • CRCT : renouvellement de l'enveloppe de 20 CRCT pour la campagne 2025.
  • Prime individuelle (composante 3 du RIPEC) : reconduction de l'enveloppe de 55 primes attribuables pour 3 ans, dont 34 financés par la dotation ministérielle auxquelles s'ajoutent 21 financées sur fonds propres.
  • Relevés de décisions : de nombreux et nombreuses collègues qui apprécient nos comptes-rendus syndicaux voudraient les voir passer sur allp8, ce qui n'est évidemment pas possible. Nous avons en revanche fait remonter la demande qu'a minima un relevé de décisions succinct soit envoyé sur allp8 par la direction à l'issue de chaque conseil.

Vos élu·es CA,
Résistons !