CA du 15 novembre 2024 : c'est l'hiver

Campagnes d'emploi 2025 : on se les gèle !

On vous l'avait annoncé suite au premier CA de l'année : le choix a été fait dans le plan de rétablissement de l'équilibre financier de faire un demi million d'euros d'économie sur les campagnes d'emploi 2025. Voici ce que ça donne concrètement :

  • sur la campagne BIATOSS : sur les 85 demandes dont 27 en création, seuls 46 postes sont mis en campagne ;
  • sur la campagne EC : sur les 130 demandes, 117 ont été examinées par le CAc dont 14 demandes de création (les autres sont hors campagne pour divers motifs : poste non officiellement vacant, etc.). Sur ces 117 demandes, 116 sont arrivées jusqu'au CA (qui sait ce qu'il est advenu de la 117e…!), avec 25 avis défavorables dont 13 sur les créations. La seule création acceptée est un CDD sur fonds propres d'une composante. Cela fait donc 12 demandes de renouvellement qui sont pour l'instant gelées.

C'est évidemment très largement insuffisant, surtout quand on sait que les demandes qui remontent des services et composantes sont déjà autocensurées parce que les collègues connaissent la situation budgétaire et limitent donc les demandes au très strict minimum vital.

Malgré ça, les campagnes ont été validées à 15 voix pour et 7 voix contre (celles de Résistons + les étudiant·es du Poing levé). Le Conseil d'administration entérine donc le choix des tutelles de nous étrangler… Nous avons fait remarquer que, dans la campagne qui s'annonce, l'équipe en place serait comptable des choix budgétaires répétés qui atrophient le service rendu aux étudiant·es et affaiblissent la recherche.

Une VP dont on se passerait bien

VP… Il ne s'agit pas d'une énième vice-présidence mais de Valérie Pécresse, fossoyeuse notoire de l'université à qui on doit déjà la mise en place de la LRU instaurant l'autonomie (sic) de nos établissements quand elle, de 2007 à 2011, était ministre de l'ESR. Depuis la présidence de la région Île-de-France, celle-ci se permet pourtant d'être bien directive : les universités franciliennes devront signer une « charte républicaine » pour toucher une subvention de la région. Cette charte, liberticide et fascisante, pré-suppose que les universités sont hors du cadre républicain et empiète sur les libertés académiques.

On le dénonçait déjà à l'époque du passage de la LRU et ce n'est que la suite d'une longue série de confirmations depuis, mais nous avons ici une nouvelle preuve que la seule “autonomie” confiée à nos universités est celle de la gestion de la misère créée volontairement par les politiques libérales mises en œuvre par tous les gouvernements qui se sont succédés depuis le milieu des années 2000.

Vos élu·es Résistons ont donc demandé quelle somme les subventions de la région représentent, pour savoir à quoi on renoncerait en refusant le chantage de Valérie Pécresse. Réponse dans les tableaux du dernier budget rectificatif : plus d'un million par an sur les appels à projets dont 400k€ fléchés sur l'emploi étudiant, et environ 12M€ de subventions d'exploitation et financement des actifs (essentiellement le patrimoine). À cela a été ajouté qu'une charte, même signée, n'a pas de valeur juridique. À bon entendeur.

Vigilance sur le numérique

Le CA a dû étudier le “schéma directeur du numérique et des systèmes d'information”. Il s'agit d'un document de 15 pages, co-écrit avec Capgemini (qu'on a payé 170k€ pour ça…) qui détaille les évolutions souhaitées concernant les infrastructures et les outils numériques de notre université. Trois grands axes d'orientations sont identifiés : 1- contribuer à l'attractivité de l'université, 2- adapter la DSIN aux métiers, et 3- accompagner les transformations.

Derrière le titre creux de ce 3e axe se cachent des éléments qui ont fait réagir vos élu·es Résistons : un suivisme assumé de la mode actuelle autour des IA génératives, et une avancée à marche forcée vers l'hybridation des formations.

Concernant les IA, le rapport prétend qu'« une hausse et une homogénéisation du niveau des étudiants, résultant très probablement de l’utilisation de ces outils, a d’ailleurs été constatée ces derniers mois ». Cette affirmation n'est évidemment pas sourcée et aurait bien du mal à l'être tant elle est non généralisable, voire opposée à la réalité. Ridicule. Nous avons fait retirer cette phrase du document mais son esprit reste le même et il faudra être très vigilant·es sur sa mise en œuvre quand à ce point. Du côté de Résistons, nous sommes contre le technosolutionnisme béat et l'avons fait savoir lors de la discussion.

Concernant l'hybridation des formations le rapport parle d'« une offre modulaire et personnalisable pour ses étudiants, afin de développer l’interactivité des cours en présentiel, permettre une hybridation des cours ou la possibilité, de manière ponctuelle, de suivre un cours à distance » et plus loin il est fait mention d'assistants d'enseignement virtuels sous forme de « chatbot alimenté par l'IA ». Il y a de quoi s'inquiéter : au delà du fait que cela ne respecte pas les actuelles modalités de cours et d'évaluation votées en CFVU, il s'agit ici de mettre en place tout le nécessaire pour permettre l'imposition de l'hybridation de tous les enseignements puis l'explosion des effectifs sans moyens supplémentaires, ni en salles ni en enseignant·es. On se questionne fortement sur l'origine de ces velléités… Suite à l'avertissement de vos élu·es Résistons, la présidence prétend qu'il s'agit de l'IED, mais nous faisons remarquer que ce n'est absolument pas explicite dans le rapport qui ne mentionne même pas cette composante. La Dionysoise emboîte le pas de Résistons et propose de rajouter à la fin de la phrase litigieuse « dans le respect des orientations votées par la CFVU ».

Bref, nous nous méfions de la fuite en avant numérique et appelons l'ensemble de la communauté à la plus grande vigilance quand à sa mise en œuvre dans un premier temps, et à y résister ensuite si besoin. Vos élu·es Résistons et vos syndicats de lutte y resteront particulièrement attentifs !

Vite dit, bien dit

  • Blocage de l'université mercredi 13 et jeudi 14 novembre contre le gala “Israël is Forever“ et contre la tenue du match France-Israël au Stade de France à Saint-Denis. La présidence estime les motifs du blocage « pour le coup très compréhensibles » et salue la levée du blocage le vendredi matin.
  • Les capacités d'accueil en M1 ont été validées. On note au global une baisse de 30 places par rapport à l'an dernier, et un mouvement de places précédemment réservées à l'alternance en initial (cela n'empêche pas l'inscription en alternance, mais permet aussi l'inscription sans alternance).
  • DU / DESU : un audit est nécessaire ! À la lecture de la liste des conventions à valider lors de cette séance du CA, vos élu·es Résistons s'étranglent en découvrant le financement à hauteur de près de 58 000 € en faveur d'un cabinet privé pour un DESU de coaching façon développement personnel. Le cabinet en question pratique l'“hypnose humaniste” pour “devenir qui vous êtes” (“life coaching”) ou “optimiser votre entreprise” (“exécutif coaching”)… Cela fait 3 ans que Résistons a réclamé un audit des DU et DESU proposés par l'université. Il nous semble de plus en plus nécessaire de faire le ménage !

Vos élu·es CA,
Résistons !