Télétravail et référentiel EC

Télétravail, travail à distance, travail à domicile

Depuis le début de la crise sanitaire due au Covid 19, pour tous les personnels de notre université, des solutions ont été improvisées dans la plus grande précipitation afin de permettre que [le travail se fasse, que] les cours se poursuivent et [que] les examens se tiennent. Disons plutôt que des expédients ont été trouvés afin de donner l’illusion que l’Université, en dépit des circonstances, s’était montrée en mesure d’assurer ses missions traditionnelles (Philippe Forest, L’Université en première ligne, Tracts Gallimard n°18, ouverture). S’il est encore trop tôt pour « évaluer » la réussite de ces missions, il est certain que le travail de tous et toutes et les conditions de ce travail ont subi une dégradation effrayante. Improvisé, totalement déréglementé, source de souffrance chez les travailleurs et les travailleuses de l’université comme chez les étudiant·es, il faut dresser un bilan de cette catastrophe annoncée sans tarder.

Les mandaté·es et élu·es CGT et SNESup du CHSCT et du Comité Technique ont demandé à la Direction de Paris 8 de dresser ce bilan nécessaire à la mise en place d’une rentrée que l’on pourra alors espérer peu plus sereine que les mois que nous venons de passer.

→ Une commission de CHSCT a été créée et l’administration travaille sur un questionnaire qui sera présenté au CHSCT dès que possible.

Référentiel enseignant·e-chercheur·e

Lors du comité technique, nous a été présenté un état des lieux du travail effectué par le « Bureau des directeurs de composantes » relatif au référentiel enseignant-chercheur. L’idée de départ de ce référentiel est de mettre en lumière et de valoriser (par des primes convertibles en décharges) les tâches de plus en plus chronophages effectuées par les collègues. Ces tâches, chacun·e le sait, sont assurées au détriment de la recherche et rendent le travail tellement ingrat que certain·es jeunes collègues, à peine nommé·es, ne rêvent que d’une chose : quitter leur poste ! A ce jour, les pitoyables PRP (primes de responsabilité pédagogiques) étaient là pour compenser cette surcharge. Demain, c’est le référentiel qui servira de compensation. Mais c’est oublier que dans le contexte national actuel de mise en place de la LPR et de la destruction programmée de nos statuts, construire un référentiel équivaut à ouvrir la boîte de Pandore de la modulation des services des enseignant·es-chercheur·es.

→ Dans ce contexte, le travail sur le référentiel ne peut aucunement être pensé en dehors des organisations syndicales.

Le Comité Technique n’est pas une chambre d’enregistrement de décisions qui se prennent ailleurs.  La CGT et le Snesup soulignent que le « Bureau des directeurs de composantes », quasi décisionnaire donc, n’a aucune légitimité statutaire à représenter tous les collègues des composantes. Les directions d’UFR sont-ils ou elles devenus les supérieur·es hiérarchiques des enseignant·es et des enseignant·es-chercheur·es ? Certes, non. Le « Conseil des composantes » doit reposer obligatoirement sur la concertation et le débat avec les collègues au sein des formations et produire des compte-rendus rendus publics. Son périmètre de discussion (et non de décision) ne saurait concerner le statut des enseignant·es-chercheur·es qui est du ressort de la loi.

→ La CGT et le SNESup demandent à la Présidence de l’université un engagement ferme à ne pas appliquer la modulation des services dans notre établissement. Mme la Présidente et M. le Vice-président du CA s’y engagent. Nous les en remercions.

Le périmètre des activités valorisables doit être défini par les équipes pédagogiques et non par les directions d’UFR seules, qui, pour certaines, ne jouent pas leur rôle de courroie de transmission entre l’administration et les divers collègues qui travaillent au sein des formations, enseignant·es et BIATOSS, titulaires et contractuel·les. Afin de préserver la démocratie au sein de l’établissement.

→ La CGT et le SNESup demandent la tenue régulière de réunions des responsables de diplôme par niveau (licence/master). En effet, ils et elles sont au plus près du réel du travail de leurs collègues.
Mme la Présidente trouve que l’idée est bonne, nous demandons qu’elle soit mise en œuvre dès la rentrée prochaine.

À notre question : comment comptez-vous financer le référentiel enseignant, quelle est la part du financement de la part du Ministère ? La réponse fut claire : « aucune source de financement pérenne n’est prévue par nos tutelles, c’est le budget de l’université qui abondera le référentiel. ». La direction s'engage donc à l'aveuglette, sans source de financement pérenne il ne restera plus, à moyen terme, que la modulation des services ou un plan massif de suppression de poste pour équilibrer les comptes financiers engendrés par le coût de mise en place du référentiel !

En bref, étant donné le contexte actuel et les dangers de la mise en place de la LPR (tenure tracks, financements sur projets, mise en concurrence généralisée, …).

→ La CGT et le SNESup s’opposent au projet de référentiel enseignant·e-chercheur·e et demandent que soit examinée la possibilité d’entrer de nouvelles fonctions dans les primes de responsabilité pédagogiques et d’en augmenter l’enveloppe.

Le Comité Technique a voté contre le projet de référentiel dont la première étape nous a été présentée avec le décompte suivant : 5 voix contre (CGT, FSU, Dionysoise), 4 abstentions (UNSA).


Électricité, eau, chauffage, frais de mission… L’administration a chiffré les économies faites lors de cette triste période de crise sanitaire. A l’initiative de la CGT, les syndicats de notre établissement demandent que les économies faites soient redistribuées à tous les personnels, sous la forme d’indemnités (exemptes d’imposition).

Mais nos organisations rappellent que la revalorisation de nos métiers passe l’amélioration de nos conditions de travail à toutes et tous et par l’augmentation des salaires et non par une politique indemnitaire semant la zizanie parmi les travailleurs et les travailleuses de l’enseignement supérieur et de la recherche !


Saint-Denis, le 22 mai 2021.

Vos élu·es CT de la CGT FERC Sup et du SNESup FSU.
Résistons !